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INTELLIGENCE :

LA TRADUCTION CONTRE LE TERRORISME

« Ils sont un maillon particulièrement vital de la sécurité nationale des Etats-Unis » écrivait Tech Review dans son article La traduction dans l’age de la terreur, article partiellement traduit par Courrier International du 24/02. On y apprend dans l’article en anglais que l’un des systèmes de gestion documentaire de la CIA ne pouvait traiter que les langues européennes. Les textes en arabe, russe ou chinois devaient être d’abord transcrit dans notre alphabet ! Le FBI n’est pas mieux loti. Son nouveau réseau information Trilogy, il a couté 600 millions de $ aux contribuables américaines, s’avère très limité sur le plan de la traduction. Partiellement déployée, Trilogy n’a pas été conçu pour traiter des langues exotiques (russe, chinois, arabe). Cette nouvelle fonctionnalité, rajoutée en cours de route, va rallonger la note, déjà dépassée de plusieurs dizaines de $ par rapport à son budget initial.
Le journaliste de Tech Review, Michael Erard, se focalise sur le nouveau National Virtual Translation Center (NVTC) basé à Washington, fondé l’an dernier. Sa création fait suite à de nombreux dysfonctionnements dans la traduction révélés lors du 11/9 : deux messages en arabe interceptés veille des attentats n’ont été traduit que le 12…
L’originalité du NVTC réside dans son approche, basée non sur une solution de traduction automatique (un vrai leurre) mais sur ses ressources humaines. Tout d’abord, le traducteur est avant tout un analyste et non plus un simple transcripteur : « le maître mot, ici, est l’analyse, et pas seulement la traduction » explique-t-on au NVTC. A ce jour, le noyau dur de 5 analystes/traducteurs compose cette nouvelle structure. Mais dans les prochains mois, près de 300 linguistes seront embauchés. D’ici 3 à 5 ans, NVTC sera à même de relier des dizaines de milliers de spécialistes via un réseau sécurisé.
Cette priorité donnée à l’humain rompt avec le tout informatique, de rigueur dans les années 90. On se souvient d’Intellink, l’intranet des 13 agences de renseignement américaines. Aujourd’hui, la technologie ne cherche pas à remplacer l’élément humain, redevenu central. En amont, des bases de données, des solutions de reconnaissance de langues et des archives des traductions antérieures facilitent le travail quotidien du traducteur/ analyste. De ce fait, la R&D dans la Traduction Assistée par Ordinateur s’oriente dans d’autres directions. La société Trados, fournisseur du FBI, élabore des outils personnalisables au traducteur qui offre aussi d’autres fonctionnalités comme le résumé automatique. Septique, le gourou des sources ouvertes, Robert Steele d’OSS, prédit que le NVTC rejoindra d’autres grands programmes fédéraux à la valeur douteuse…
AQUAINT : DES QUESTIONS SANS REPONSES
Ou se trouve Ben laden ? C’est le type de question auquel le programme de R&D Aquaint doit répondre. Une réunion de synthèse s’est déroulée à Tampa (Floride) en mars. Aquaint, aujourd’hui en phase II, vise l’élaboration d’un complexe système de questions-réponses à la Askjeeves. Il s’agit de concevoir un outil apte à répondre à des questions multiples posées par des spécialistes. Ou se trouve Ben Laden ? Il n’est pas à Paris.

SRD DANS L’ŒIL D’IN-Q-TEL
Dans son édition du 16 mars, le Wall Street Journal a consacré Systems Research & Development (SRD). Cette jeune pousse a très vite attiré l’attention du renseignement américain. Pourquoi ? La technologie élaborée par Jeff Jonas a de quoi séduire les agences US : il a conçu un logiciel capable de comparer les noms d’une base de données avec d’autres listes. Rien de nouveau pour certains, mais le programme de SRD n’exige pas que les bases soient divulguées à des tiers. On connaît la réticence des agences de renseignement à partager leurs données. Cette technologie a d’abord été exploitée par les casinos de Las Vegas. Les salles de jeu comparaient leurs listes des persona non grata aux réservations effectuées dans les hôtels de la région. Logiquement, In-Q-Tel a investi dans SRD en juillet 2002.


 

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